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Tako Toki est né d’une discussion entre trois musiciens d’expérience, sur leur rôle dans une société aux prises avec le dérèglement climatique, l’aliénation numérique et la surconsommation aveugle. L’idée prend corps de promouvoir par la musique les notions de sobriété, d’astuce, d’imagination. Le trio se lance alors dans une aventure autour d’un parti pris radical : faire de la musique avec des instruments entièrement fabriqués par eux même, à partir de déchets, objets destinés à la benne, chutes de bricolages recyclées, etc.
Fabriquer soi-même ses instruments ?
Evidemment, Tako Toki n’a pas inventé le concept, on compte des ribambelles de prédécesseurs illustres dans la lutherie sauvage. Pourtant, force est de constater que les bricoleurs musiciens, il y en a des brouettes, mais que la bonne musique jouée avec des instruments maison ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval. Armé de ce constat, le trio s’attaque à un noble objectif : faire une musique qui nourrisse le corps et l’âme, aux antipodes des barbantes démo d’instruments DIY et du rock crasseux des divers poubelles boys – quitte d’ailleurs, paradoxe assumé, à faire oublier à son auditoire l’origine modeste de son instrumentarium. Grâce à cette contrainte, les trois complices retrouvent une fraîcheur créative qui s’était quelque peu étiolée sur les routes, un enthousiasme enfantin qui se nourrit de leur goût du challenge (cap de faire de la vraie zique avec ces trucs que j’ai fabriqués avec mes gros doigts boudinés ?), et d’une affinité pour la bricole, l’art brut et le travestissement.
Avec son instrumentarium décroissant, sobre, au bilan décarboné, Tako Toki prépare la fin du monde en rigolant, totally unplugged. Quand on sera confinés dans nos cavernes, on parie que Tako Toki continuera à taper sur des roues de vélib et souffler dans des os de mammouths.
Saxophoniste, flûtiste et compositeur, Etienne De La Sayette s’épanouit depuis vingt ans aux frontières du jazz, du groove et des musiques du monde : il est le papa, entre autres, d’Akalé Wubé, Frix, Baeshi Bang, des groupes qui l’ont mené sur toutes les scènes de tous les continents. Il est également réalisateur de musique de films.
Diplômé de la Haute École de Musique de Genève, il fait preuve d'activités et de goûts très éclectiques, allant des musiques contemporaines aux grooves urbains les plus actuels. Il se produit régulièrement au sein de formations classiques et travaille sur de nombreux projets de créations musicales et interdisciplinaires. Aurèle enseigne les percussions au conservatoire Gabriel Fauré de Paris.
Batteur, clarinettiste et compositeur, Nicolas Brémaud navigue nonchalamment entre Brahms et la J-Pop. Diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, il s’emploie aussi activement comme ingénieur du son et comme conseiller musical pour des captations de concert. Il est également compositeur de musique à l'image.
Technicien polyvalent, Antoine met sa grande expérience de terrain à contribution pour sublimer les propriétés acoustiques inhabituelles des instruments du groupe. Il a travaillé en sonorisation avec entre autres avec General Electriks, Youssoufa, Renan Luce, Féfé, etc.